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Nucléaire, comment mieux exporter notre savoir-faire ?

En demi-teinte. Voilà comment résumer 2019 pour les acteurs du nucléaire français.

La mise en service du deuxième EPR Chinois à Taishan à démontré la capacité de toute la filière à continuer de délivrer de grands projets avec un budget maitrisé. Mais ce succès est à relativiser au vu d’autres chantiers régulièrement mis en cause (EPR de Flamanville, au Royaume-Uni et en Norvège, démantèlement de Fessenheim…).

Et si, comme dans le sport, la clé du succès était l’entrainement ?

Entre 1970 et 2000, plus de 60 réacteurs ont été construits en France. Depuis 2000, un seul projet de grande ampleur a été engagé, l’EPR de Flamanville qui connait de nombreux retards. La raison ? Une perte de savoir-faire lié à un marché en déclin en France et en Europe, mais pas uniquement. Le cadre réglementaire explique, lui aussi, ces retards : à la suite de certains incidents les normes se sont durcies et ce, bien souvent, pendant la construction des centrales, ce qui implique des opérations de mise à niveau et donc de nouveaux délais. Autre élément de réponse, l’organisation de notre filière. Fragmentée, celle-ci peine à s’imposer et à concevoir des offres globales en impliquant l’ensemble des nombreuses PME qui composent notre industrie nucléaire.

Exemple parlant, l’EPR Chinois de Taishan-2 est entré en service avant celui de Flamanville, car il a pu bénéficier de l’expérience acquise sur celui de Taishan-1 mais aussi parce que les Chinois ont fait le choix de ne pas appliquer de nouvelles réglementations pendant la construction de l’EPR.

Pour autant, d’un point de vue technologique, l’industrie nucléaire Française fait figure de précurseur. Les EPR promettent une énergie bon marché et sûre au plus grand nombre. Les SMR (Small Modular Reactor) permettent d’approvisionner des territoires avec un investissement relativement faible et des avancées sont en cours concernant la gestion des déchets. En bref, notre industrie manque d’occasions de démontrer son expertise.

Ainsi, faute de projets d’ampleur en France, notre filière nucléaire doit aller chercher sa pérennité à l’étranger…ou voir son expertise lentement se dégrader.

Avec un mix énergétique composé à 80% d’énergies fossiles, l’Inde fait figure d’eldorado. La signature en 2016 d’un accord entre EDF et NPCI (l’EDF indien) confirme la bonne mise en route de ce partenariat. Mais depuis, aucune avancée significative n’a eu lieu. Comme bien souvent lors de contrats avec l’Inde, la patience est de rigueur. Autres marchés prometteurs : l’Afrique du sud, la Pologne et la Turquie sur lesquels, en théorie, la filière nucléaire Française devrait pouvoir se positionner. Mais en pratique, la France souffre d’une faiblesse qui se retrouve dans d’autres secteurs : son offre globale.

Désormais, les Etats attendent une offre packagée : financement, construction, maintenance, formation, exploitation etc., tout doit être pris en charge.

Le sud-coréen Kepco l’a bien compris et est devenu un acteur incontournable des grands projets (Bulgarie, République Tchèque, Emirats Arabes Unis, etc.) en proposant des offres compétitives, mais surtout clefs en main. EDF, Orano, Framatome, PME et ETI…difficile de proposer une telle offre lorsque les compétences sont éclatées, voir dupliquées.

Mais la prise de conscience est bien là : le 28 janvier 2019 un contrat stratégique a été signé entre les grands acteurs du nucléaire et les nombreuses PME-TPE, qui composent à près de 80% la filière.

L’un des objectifs de ce contrat est de structurer les réponses des différents acteurs sur les marchés export en promouvant une solution 100% Française et donc d’entretenir l’expertise technique nationale.

Au-delà de ce contrat, les quatre associations qui structuraient et promouvaient la filière ont été regroupées au sein du GIFEN (Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire). Ce syndicat a pour objectif de ressouder et de renforcer la visibilité des différents acteurs et d’éviter un émiettement des initiatives…et du savoir-faire.

Marché Européen en déclin, réglementation toujours plus restrictive qui retarde les projets en cours, fragmentation des savoir-faire. Notre industrie nucléaire fait face à ces enjeux en se réorganisant et en misant sur les marchés export pour conserver son expertise. Cette stratégie à l’échelle de toute la filière est un signe encourageant pour la 3ème industrie de notre pays qui, ne l’oublions pas, est aujourd’hui indispensable à la décarbonisation de notre production d’électricité.

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